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 Rouen is burning. Du haut de ses 20 ansElisa Jo, armée d’une sidérante spontanéité, sort un album de rétro pop-rock-blue eyed soul résolument moderne qui pourrait bien être la bande-son de ces prochains mois.

Produit par Benjamin Biolay, l’objet se donne et résiste tout à la fois à l’auditeur. Ses mélodies catchy hantent longtemps l’oreille, ses textes adolescents écrits par Elisa dans un anglais qui coule de source racontent des histoires d’amour, et de chagrin d’amour, éternelles.

L’orchestration, elle, réveille, dans une belle énergie solaire et une ambiance presque live, les fantômes endormis de la Motown à coup de cuivres, des « ouh-ouh » des chœurs féminins et de cordes discrètement sublimes. Impeccables références à la Mark Ronson pour Amy Winehouse qui auraient pu noyer Elisa Jo sous une intimidante avalanche de talent.

Mais c’était sans compter la voix incroyablement vivante, au timbre légèrement éraillé, de la jeune fille, – « j’ai dû me l’abîmer en criant sur mon frère quand j’étais plus jeune », dit-elle -, son élasticité vocale à la Alice Russell et sa pétulance de showgirl épanouie et sans chichis digne d’une Sallie Ford.

Arpentant les rues imaginaires d’une Angleterre idéale, et transformant sa ville en une annexe de Shoreditch ou de Camden, cette Kate Nash frenchy emporte le morceau dès les premières mesures d’un« Something you may cure » folk-soul au débit précipité et canaille, joue les soul sister sur un funk classieux (« Oh boy »), fait naître l’émotion avec « Defeated », poignant récit d’une rupture, flirte avec le hip hop sur « Back around », single nostalgique des sixties sur lequel rappent Rizzle Kicks, jeunes Anglais de Brighton,

Les secrets d’un naturel aussi rafraîchissant ? L’art, tout en paresse assumée et vrais dons de musicienne (Elisa Jo joue de la guitare et du piano), de zapper les plans de carrière pour faire partager avant tout son plaisir de chanter.

Bercée toute son enfance par Al Green, Otis Redding et les Beatles – les choix avisés d’un père mélomane, collectionneur de guitares et d’une mère anglophile -, Elisheva, un prénom hébreu signifiant « Dieu est promesse », s’est accordé un second baptême, se plaçant sous la protection de deux ombres tutélaires : l’ « Elisa » de Gainsbourg et sa grand-mère Jo, pianiste, qui lui a donné l’envie de se mettre au clavier. En première partie de Yael Naïm, Cœur de Pirate, Alela Diane ou Ron Sexsmith, ou sous son seul nom avec ses musiciens, elle se révèle monstre de scène. Il lui reste maintenant à maîtriser l’incendie qu’elle vient d’allumer.

 

 

 

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